L’ennéagramme … de la compréhension à l’acceptation

Poussée par une curiosité de longue date ; en mars dernier, j’assistais (enfin) à une formation de 3 jours sur le thème de l’ennéagramme, après avoir assisté, quelques semaines auparavant, à une conférence introductive sur le sujet.

Ce nom « ennéagramme » a-t-il une consonance mystique, voire ésotérique dans vos oreilles ?

Si oui … vous allez être déçu !

Utilisé aujourd’hui de plus en plus fréquemment dans le recrutement et le management, l’ennéagramme pose la question de nos comportements en état de stress et de leurs mobiles.

Avec un symbole chargé de sens, l’ennéagramme tel que nous le connaissons aujourd’hui, est codifié en 1931 par Oscar Ichazo, bolivien. C’est en 1971 que le chilien Claudio Naranjo devient son élève et transmettra à son tour l’enseignement d’Ichazo. Transmis uniquement dans l’oralité, il faudra attendre les années 80 pour voir publier le 1er livre sur le sujet.

Alors, l’ennéagramme c’est quoi ?

C’est un modèle de la structure de la personne qui comporte 9 ennéatypes, c’est-à-dire, neuf types de réactions automatiques de l’être humain face au stress.

Au-delà des comportements, l’ennéagramme s’attache principalement aux mobiles de ceux-ci : qu’est-ce qui nous pousse à agir de telle ou telle façon, selon quels schémas ?

Dans sa théorie, Naranjo présente le fait que nous naissons tous avec tous les types de personnalités, c’est en grandissant que nous développons de manière privilégiée une base, c’est-à-dire un ennéatype préférentiel, qui influence nos réactions spontanées et automatiques.

L’ennéagramme quel intérêt ?

Je dois vous avouer qu’il n’est pas possible de faire le tour de l’ennéagramme en 3 jours, c’est un sujet complexe, à l’image de la complexité humaine. D’autant plus que, durant la formation, nous avons fait des liens passionnants avec la PNL, la Spirale Dynamique, les 5 Blessures de Lise Bourbeau et le Quadrant d’Ofman.

Trouver son ennéatype n’est pas non plus une mince affaire. Entre ce que je suis, ce que les autres pensent de moi, me renvoient et ce que j’aimerais être, il y a 9 ennéatypes et c’est beaucoup !

Je me suis évidemment reconnue dans plusieurs d’entre eux qui n’avaient simplement rien à voir les uns avec les autres mais nous sommes ainsi, nous humains, de vrais boules à facettes !

Au final, ce qui m’a permis d’identifier une base préférentielle, c’est que, quand je suis stressée, ne nous leurrons pas, j’ai un comportement bien défini et bien à moi que j’ai pu identifier dans les grandes lignes des ennéatypes. Ce serait donc mon conseil pour tous les chercheurs d’ennéatype : n’essayez pas de vous reconnaitre dans votre quotidien au calme et dans vos relations amicales, voyez plutôt vos attitudes, réflexes et comportements quand vous êtes sous stress. Il y a bien un ennéatype pour lequel vous vous direz « ah oui, en effet, quand je suis stressé, ça c’est moi ! ».

J’ai également pu observer les processus d’identification des autres participants avec leurs difficultés à trouver leur ennéatype, mais aussi leurs dénis, leurs peurs et, parfois, leurs pleurs face à la difficulté d’accepter la réalité de cette part de nous.

Du côté du formateur, j’ai réellement apprécié qu’il ne nous ait pas typé, nous n’étions pas là pour nous faire coller une étiquette, mettre dans une boite ou nous faire coller un numéro en l’occurrence. Sa démarche, c’était de nous inviter à nous découvrir nous-même, explorer, expérimenter avec les exercices et les panels afin de nous donner des pistes pour reconnaître notre base préférentielle potentielle. Au final, difficile d’avoir une certitude pour son ennéatype, ça faisait partie du jeu, surtout en 3 jours …

L’intérêt de l’ennéagramme, selon moi, est multiple, cela va de mieux se comprendre et se connaitre, à accepter que je réagis de telle manière et à comprendre et accepter l’autres dans ses attitudes moins gracieuses également. J’y vois un intérêt particulier pour le monde professionnel et relationnel : apprendre à interagir et à comprendre son patron, ses collègues, ses clients, son autre, ses amis, etc.

En ce qui me concerne, les exercices pratiques et les mises en panel proposées par le formateur, m’ont permis de prendre conscience de mon fonctionnement et de mes compulsions, on a mis des mots et des réponses sur des points d’interrogations, sur les « pourquoi suis-je comme ça ? », « suis-je une extraterrestre ? », « est-ce que je manque de volonté pour changer ? ».

Difficile aussi de vous décrire avec des mots le bien-être de me retrouver en groupe avec mes comparses d’ennéatype. Propre à notre base, ça faisait du bien de se retrouver en clan, de tomber les masques et de partager, sans jugement.

Loin de la complaisance, l’ennéagramme nous invite à identifier une base privilégiée, à connaitre ses forces et ses pièges, à les accepter. Il ne nous invite pas à changer notre nature profonde mais plutôt à aller vers les vertus d’autres ennéatypes en lien avec le nôtre, de nous en inspirer pour nous apaiser et évoluer.

Arrivée avec l’idée de me comprendre pour mieux me changer, je suis plutôt ressortie avec l’envie d’aimer mon ennéatype, de le reconnaître, d’en être fière et surtout … de m’accepter, 1ère étape fondamentale pour pouvoir continuer à grandir en conscience.